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"et si les mots se mettaient à danser?"  
   
   
 

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vidéo par Sirine F.

 

Deux verbes se suivent, le deuxième se met à l’infinitif. Ou bien il participe au présent comme au passé.
Deux verbes, marcher et courir, s’emboîtent le pas. Le deuxième s’arrête soudain, le premier le rattrape. Il fait des pieds et des mains pour lui mettre le grappin dessus. Et maintenant ?
Et maintenant, il improvise, il préconise tout lâcher prise. L’un se met à conjuguer l’autre. A eux deux, ils composent une formule de désir. Le deuxième se lance au subjonctif.
Deux mots, puis trois, puis quatre, puis cinq se suivent :
Dé se met devant hanche. Air se met après T.
Les yeux fermés, épaule et bassin se syntonisent. Hanche susurre à l’oreille de tête.
Les yeux s’ouvrent et les pieds n’ont pas avancé d’un pas.
Jusqu’à étourdissement, obscurité suit lumière, lumière ferme les paupières, obscurité fait naître nouvelle perspective, lumière met à nu espace, obscurité éveille sensation de liberté, lumière trouble fête, obscurité plante décor, lumière effleure peau, obscurité fait valser les sens…
Et puis les yeux s’ouvrent. Une vision trouble ? Une vision surréelle ?
Une aigrette garde-bœuf suit un bovidé. Ou bien est-ce plutôt le boeuf qui suit la jolie aigrette ?
Les mots s’intriquent. Les mots s’intriguent.
Sous un arbre volait une estelle. Les mots se dispersent, se recroisent.
Sous un arbre vos laitues naissent-elles ?
Voyez-vous ? Comprenez-vous ?
Les mots s’emballent. Par paquets successifs. Virevolter donne le tournis à inertie. Fluidité surprend intriqué. Porter, pousser, accrocher se bousculent d’ingéniosité. Sentir prend voir par la main et le pousse dans ses retranchements. Sourire apparaît au coin de la pièce. Lèvres y rampent pieds nus. Bras et mains se pavanent jusqu’à l’ivresse.
Lâcher pieds, bras, poitrine, bassin, dos à travers peau, émotion, mouvements dans une exploration à la recherche d’un état de grâce où pesanteur a retrouvé son a. Où la forme n’a pas de fond et où le fond peut prendre toutes les formes.
Transiter entre équilibre et instable.
Se mettre en quatre pour être deux. Se mettre à deux pour n’en faire qu’un.
L’autre métamorphose par une. Pause. Reverse. Une part métamorphose l’autre. Pause. Play. L’autre métamorphose par une pose l’ensemble des deux corps en symbiose. Pause. Repeat. Corps en symbiose. Corps en symbiose. Corps en symbiose. Pause. Reverse. Symbiose encore. Pause. Repeat. Encore. Encore. Encore. Encore. En corps. En corps. En corps. Pause. Play. Corps en symbiose dans une permutation fluide. Pause. Replace all. Annie aime les sucettes à l’anis.
Deux mots jumeaux se mettent tête-bêche. Le et le donnent naissance à elle.
Un mot qui revient sur ses pas comme rêver. Rêver. A l’envers comme à l’endroit. Rêver.
Danse improvise avec contact. Les mots se taisent.
"et si les mots se mettaient à danser? " - juillet 09 wf